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Le cinéma et la Côte d'Azur

Le cinéma est un vecteur puissant pour faire connaître une ville, un territoire. La Côte d’Azur a suscité une diversité d’expressions et de formes artistiques, donnant lieu à des courants esthétiques qui ont participé à la vivacité de l’expérience cinématographique. Des réalisateurs venus de tous horizons ont filmé la région. Innovants ou engagés, inquiétants, contemplatifs ou enchantés, ces films ont proposé des récits souvent liés à l’espace social et culturel du territoire, marquant sa singularité.

L’expérience du cinéma et d’un territoire

Nice a inspiré le cinéma tout au long de son premier siècle d’existence. Dès 1919, impulsée par l’existence des studios de la Victorine, Nice devient, après Paris, la ville de France où la production cinématographique est la plus dense. Solidement implantées dans la région, les infrastructures mises en place permettent l’accueil de productions de films à la fois d’envergure internationale et des films d’auteur parmi les plus importants. Jean Renoir, Jean Cocteau, François Truffaut, Claude Chabrol, Jacques Demy, Agnès Varda, Claire Simon, Catherine Breillat, ou étrangers, Luis Buñuel, Alfred Hitchcock, Manoel de Oliveira, et dernièrement Woody Allen, ont signé des œuvres innovantes et critiques, affirmant des esthétiques étonnamment liées au territoire.

Le ferment d’une histoire artistique

La Côte d’Azur garde une trace profonde du couple de mécènes Charles et Marie-Laure de Noailles, dont la Villa du même nom, sur les hauteurs de Hyères fut un haut-lieu de rendez-vous de l’avant-garde des années 20. Man Ray y réalisa Les Mystères du Château de Dé au printemps 1929, Luis Buñuel y entreprit, la même année, la rédaction du scénario de L’âge d’or qu’il tourna l’année suivante, en même temps que Le Sang d’un poète de Jean Cocteau. Les trois films étaient financés par le couple mécène. Un esprit surréaliste parcourt la région bien après le tarissement du mouvement. Aujourd’hui la Villa cherche à maintenir l’esprit de cette époque en accueillant des expositions d’art contemporain.

Charles and Marie-Laure de Noailles Charles et Marie-Laure de Noailles
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Le cinéma d’avant-garde

Nice a pris part à l’une des plus grandes aventures cinématographiques de l’avant-guerre à travers le film de Jean Vigo, A propos de Nice, réalisé en 1930. La modernité du film tient à sa liberté d’esprit et à sa position de rupture avec le cinéma classique de l’époque. Bien d’autres expériences suivront, conçus dans cet esprit d’avant-garde produisant des œuvres hybrides, inattendues, formellement passionnantes. Par exemple, Micheline Hachette, artiste pleinement inscrite dans le mouvement lettriste qui tentera une expérience de film « infinitésimal » et « supertemporel » inventé par Isidore Isou qui fut à l’initiative du mouvement lettriste, intitulé… A propos de Nice (1970). Performance réalisée pour la première fois à Nice, le 23 mai 1970, par Ben et Annie Vautier, dans le cadre du « Premier Festival International d'Art Infinitésimal et Supertemporel. » L'artiste fluxus et sa femme distribuaient des brins de mimosas aux passants. Ceux-ci étaient invités à s'en servir comme supports pour constituer mentalement un film sur le thème de Nice.

Nice a occasionné des expériences de cinéma regroupant des cinéastes, des artistes plasticiens, des musiciens, des chorégraphes, etc. La forte présence d’artistes plasticiens dote cette ville d’un statut particulier qui la lie définitivement à l’histoire de l’art contemporain. En témoignent les films de Jean-Pierre Mirouze, identifié au groupe des Nouveaux Réalistes, qui fut le témoin, l’assistant, l’accompagnateur et le filmeur des principaux artistes œuvrant à Nice et alentour : Yves Klein, Martial Raysse, Laubiès, Sosno, Ben, Robert Malaval et surtout d’Arman.