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3 questions à... Eric Viennot

Pour cette première édition, les Rencontres Art & Technologie mettent l’accent sur le jeu vidéo. Enfin reconnu comme un Art à part entière, le jeu vidéo et les processus de gamification dépassent désormais le simple cadre du jeu et du divertissement (Serious game, muséographie, santé, éducation…).

Eric Viennot est l’un des game designers français parmi les plus réputés. Il a établi sa renommée par des concepts de jeux innovants, basés sur des partis pris narratifs forts, et comme pionnier des jeux transmédia. Parmi ses créations les plus connues, on peut citer les Aventures de l’oncle Ernest, La Boite à bidules, In Memoriam 1 et 2 et Alt-Minds.

Il participera à la table ronde « Les différents terrains du jeu vidéo » le 10 Novembre prochain à 11h et déclinera avec plusieurs autres intervenants de premier plan les différents aspects de la création ludique pour le monde numérique notamment ses nouveaux métiers et ses nouveaux marchés.

1. Qu’est-ce que vous évoque la relation entre Art & Technologie ?

L’art numérique et les jeux video seront l’art du XXIème siècle, comme le cinéma a été l’art du XXème siècle.
Je me suis intéressé aux jeux vidéo, parce qu’il s’agit pour moi d’un nouveau média qui permet de raconter des histoires, en impliquant le joueur dans celles-ci, en lui permettant éventuellement d’en changer le cours, voire d’en devenir le créateur.

2. Comment articulez-vous les deux dans votre travail ?

Les game designers de ma génération n’ont pas eu la chance d’avoir des formations spécialisées, comme il en existe aujourd’hui. Nous avons dû nous former sur le tas, en expérimentant et en créant. Ma formation en arts plastiques m’a beaucoup aidé à conceptualiser mes projets, et notamment en leur donnant une grande cohérence artistique et graphique.
La collaboration entre créatifs et artistes divers, ingénieurs, codeurs, managers, est l’une des difficultés du jeu vidéo mais aussi l’une de ses originalités. C’est notamment cette transdisciplinarité entre métiers artistiques et technologiques qui en fait l’un des domaines les plus créatifs et les plus innovants depuis une trentaine d’années.

3. À quelles technologies rêvez-vous ?

Je rêve à des technologies de plus en plus immersives. Je crois beaucoup à l’avenir de la réalité augmentée parce qu’elle permet de rendre poreuse la réalité et la fiction, problématique qui est au cœur de mon travail depuis une quinzaine d’années.